Comment Counter Strike m’a rendu hermétique pendant un an de vie

Pour être honnête, je n’aurai jamais pensé un jour écrire un article de la sorte sur mon blog. A l’instant où je rédige ces lignes, une idée me frappe : Dans un mois, ça fera quatre ans que j’ai rejoint ce grand monde du partage d’opinions au travers de la rédaction, quatre ans que j’ai mon espace rien qu’à moi où j’écris à propos d’un média que je fréquente depuis tout petit : le jeux vidéo. Bien sûr, si vous êtes la depuis le début ou même depuis quelques temps, vous avez forcément constater que je n’ai pas toujours été à même de produire du contenu régulièrement. J’ai eu beaucoup de phases vides mais pas autant de phases où les articles fusaient. A cette problématique, ma seule réponse et justification est ma paresse et mon habitude malsaine à ne rien faire jusqu’à être en état de stress. Écrire n’étant pas une obligation, je ne me suis jamais forcé. Vous pouvez être sûr que des 88 articles publiés en bientôt 4 ans, aucun n’a été écrit sous la contrainte.

 

 

Cet article, qui sera donc le 89ème publié sur ce site est un constat personnel. Une sorte d’article introspectif, de bilan après un an de vie. Cette période a une date de début et cet article signe sa fin. Il m’a été facile de définir quand tout cela a commencé, quand j’ai commencé à vraiment perdre mon temps, quand ma productivité déjà pas vraiment visible s’est effondrée. Pour moi, cette période correspond à mon entrée dans une nouvelle forme de vie. Octobre 2014 a signé mon emménagement dans mon tout premier studio, la sortie de la maison familiale, l’entrée à l’université et plus tard ma première relation sentimentale sérieuse. Tout ces bouleversements ont totalement ébranlé mes habitudes de vie. Avant ça, je n’avais “rien à faire” en dehors de jouer, regarder les informations le soir, dormir, et un peu étudier. Ce rythme de vie, complètement enfantin, s’est vu complètement chamboulé en un très  court laps de temps, rajoutant énormément de responsabilités à ma personnalité peu productive et habituée à ne rien faire.

Je ne compte pas vous ennuyer avec tout ça. Je n’ai pas non plus envie de passer pour un enfant devant vous. Bref.

Après réflexion, j’ai compris où j’ai déconné. Au lieu de faire face à toutes ces nouveautés, au lieu de chercher à résoudre ces problèmes un à un au moment où ceux-ci croisaient ma route, j’ai cherché un nouveau moyen de m’évader, un nouveau moyen de ne penser qu’à une seule chose. Et cette nouvelle chose fut un jeu en ligne multijoueurs…

J’avais déjà acheté Counter-Strike Global Offensive bien avant mais j’ai eu du mal à m’y mettre. Au départ, je me satisfaisais des cinq ou six parties que je pouvais faire dans la semaine, puis, comme dans tout jeu au véritable potentiel compétitif, j’ai commencé à vouloir me perfectionner, à y investir beaucoup plus de temps et à chercher à tout connaître de ce jeu.

 

 

Pour les personnes qui ne connaissent pas bien le jeu, il y a un système de classement par rangs. De “Silver 1” à “The Global Elite”, c’est l’équivalent de 18 rangs à gravir pour fricoter avec l’élite mondiale, terre des joueurs pros et autres personnes ayant investi quelques milliers d’heures dans le jeu. J’ai donc passé à peu près un an à regarder des vidéos commentées de joueurs professionnels payés des sommes énormes à expliquer certains points du jeu aux novices de mon genre. Chaque minute investie dans le visionnage de ce type de contenu me confortait dans l’idée que cette connaissance supplémentaire me permettrait de faire la différence en partie classée, d’anticiper mes adversaires et d’aider mon équipe à gagner la partie. Vidéos youtube, matchs pros, tournois sur plusieurs jours, Counter-Strike Global Offensive est très certainement le jeu compétitif avec le plus d’activité parmi ce qui se fait actuellement. Ce sont des dizaines de matchs quotidiens, la majorité retransmis sur des chaînes de streaming, des tournois hebdomadaires et des championnats à ne plus pouvoir les compter. Et pour moi c’était autant de temps à consacrer pour devenir meilleur. Mais si ça ne serait que ça, l’addiction à ce jeu ne serait pas démesurée comme elle a pu l’être tout ces mois… Non, Counter-Strike c’est tellement plus…

Quand on passe des dizaines, des centaines voir des milliers d’heure sur le même jeu, on aime pouvoir se différencier. De ce côté la, Counter Strike ne loupe pas son audience et incorpore une manière d’avoir des armes aux designs personnalisés. Pour la même arme, l’AK-47, Valve nous propose une vingtaine de camouflages pour décorer notre instrument de jeu. Bien sûr, ces décorations sont payantes, certaines, du fait de leur rareté pouvant avoisiner plusieurs milliers d’euros… Pour ma part, j’ai heureusement pu me restreindre et mon inventaire est actuellement estimé à “seulement” +/- 60€ suivant les fluctuations du marché. Aussi, j’en avais parlé dans un précédent article, mais il y a un moyen de parier ses camouflages autour de matchs professionnels chaque jour dans l’espoir de remporter les camouflages des joueurs perdants. De ce côté la, j’ai été “chanceux”. Mon inventaire de 60€ ne m’a en réalité pas coûté cette somme mais bien moins cher compte tenu que j’ai eu la chance d’être assez juste dans mes prévisions.

A ce stade la, j’en étais déjà bien à 400h et quelques de jeu. Ce qui était au tout début un nouveau jeu sur lequel passer du temps avec mes amis IRL compte tenu du fait que nous avions été séparés après nos années lycée s’est transformé en un jeu solo vu que mes amis n’avaient pas consacré autant de temps et ne prenaient pas autant au sérieux le jeu que moi. A ce compte la, nous ne pouvions plus faire de parties ensemble compte tenu de l’écart de niveau. Ceci ne m’a pas empêché de continuer dans mon coin.

A côté des problèmes IRL que le jeu m’a posé mais qui n’étaient pas vraiment nouveaux (Les projets scolaires bouclés en retard/pas du tout/en 24h avec nuit blanche), j’ai aussi complètement mis de côté le blog, Twitter, mes connaissances sur Internet, etc. Ma librairie Steam, même si elle augmentait grâce aux diverses soldes et bundles, ne me voyait cliquer que sur un seul et unique jeu à longueur de temps. J’avais pour habitude auparavant de joueur à plein de jeux, d’élargir mon champ de vision, de passer beaucoup de temps sur ma Playstation Vita que j’avais été hyper heureux d’acquérir en Janvier 2014, et pourtant, Counter Strike a complètement pris le contrôle sur toutes ces activités annexes pour que je concentre le temps précédemment consacré à ces habitudes sur lui.

 

Pas loin de “L’Élite Mondiale”

 

Actuellement à 1013h de jeu, j’estime avoir passé autant de temps sinon plus dans la consultation de contenus relatifs au jeu lui-même. Ce qui fait une somme juste monstrueuse qui aurait pu être tellement mieux investie à l’aube d’un si grand bouleversement dans ma vie, représenté par mon déménagement en Haute-Savoie et tout ce que j’ai cité en début d’article.

 

 

Pour de vrai, je vous ai dépeint un tableau péjoratif de ce jeu, mais en plus de mille heures, Counter-Strike m’a quand même apporté énormément de choses. J’ai rencontré énormément de personnes, d’inconnus avec lesquels j’ai rigolé à n’en plus pouvoir, des personnes de toutes les nationalités et de tout horizons. A un certain point, j’ai même passé un mois dans une équipe, une vraie, composée de quatre personnes et de moi-même. Cette équipe, qui comptait en son sein deux anglais, un hollandais, un suédois et moi-même m’a permis de partager énormément de choses et d’en apprendre tout autant à propos des cultures associées, d’améliorer mon anglais de façon significative, chose qui compte énormément à mes yeux. 1000h de jeu, c’est autant de temps à parler dans une langue universelle et de fréquenter tout les accents, du polonais à l’espagnol au russe en passant par l’écossais, tout y était. D’un côté, je regrette les heures que j’ai pu passer, de l’autre, je suis obligé de faire face aux choses positives que cette expérience a pu m’apporter.

 

Quelques-uns des commentaires que des joueurs rencontrés ont écrit sur mon profil Steam

 

 

Mais nous y voilà, après un mois en deuxième année de licence, j’ai du faire un choix. Et ce choix fut de me couper complètement de la scène Counter Strike et allouer ce temps à des choses plus utiles à mes yeux. En quelques semaines, cette prise de conscience m’a permis de changer le cours de ma vie et de décider comment je voulais qu’elle se déroule désormais. J’ai fait énormément de choix et j’ai eu la force et la motivation personnelle d’au moins déclencher ces processus. Par rapport à Counter-Strike, j’ai supprimé tout mes favoris en rapport avec le jeu. Des sites que je consultais quotidiennement, grapillant des heures de mon temps libre. Je me suis désabonné de toutes les chaînes Youtube associées à ce jeu, tout les streamers que je suivais pour leur niveau et les conseils qu’ils prodiguaient durant leurs directs, fini. Je n’ai toujours pas vendu mon inventaire ni désinstallé le jeu mais cela fait plusieurs jours que je n’ai ni lancé le jeu ni éprouvé le besoin d’y jouer.

A côté de ça, j’ai désormais du temps libre qui pour l’instant reste libre. Je passe beaucoup de temps à glander, à ne rien faire, mais j’espère trouver de quoi combler cet espace de manière productive. J’ai commencé à apprendre l’Allemand en cours qui est un choix plus crédible face aux volontés que j’ai vis-à-vis de mon avenir comparé à l’Espagnol que j’étudie depuis 6-7 ans sans réelle motivation. Je joue à de nouveaux jeux, comme avant. J’ai commencé Trials Fusion, Brothers A Tale of Two Sons et je dois continuer Trine 2 avec ma copine. Je tweete à nouveau, j’essaie tout du moins.

A terme, j’aimerai que vous me retrouviez intéressant. Vous, lecteurs, twittos, avez été la force qui m’a permis de continuer à élargir ma culture personnelle, que ça soit en me conseillant des BDs, des jeux, des livres ou même des endroits à visiter. J’aimerai vous le rendre à nouveau en vous faisant découvrir ce qui me touche dans ma vie. Cet article est un peu mon [Test/Avis] Counter-Strike Global Offensive. Il m’aura fallu un an pour pondre cet article, espérons que plus rien ne me demande autant d’investissement personnel pour vous donner mon opinion à son sujet.

 

C’est donc la fin de mon expérience avec ce jeu. Je compte donc tourner la page, et quoi de mieux pour tourner la page que de changer d’apparence ? Je ne parle pas dans la vraie vie, je parle de changer l’apparence du blog. La V3 de gunxblast.fr arrive les amis, et rien n’aurait été possible sans vous, lecteurs, twittos, amis, IRL ou virtuels. Quelqu’un disait qu’on ne peut pas tourner une page de sa vie sans que s’y accroche une certaine nostalgie. Évidemment que je resterai nostalgique de cette dernière année, empreinte d’innocence, peureuse des responsabilité, confortée dans son présent facile, son passé heureux, n’osant pas affronter la réalité d’un futur incertain, mais il est temps, il est temps de grandir, de grandir et d’évoluer.

 

C’était Yaniss, Yaniss “GunxBlast”, et je compte vous retrouver dans les prochains jours avec de nouveaux articles et un nouveau design. Sur ce, portez-vous bien. Je vous fais plein de bisous.